Mobilité

L’ “Homme qui marche” est très représentatif de son type de mobilité. L’intelligence humaine a fait que nos modes de déplacement mutent sans arrêt sur une planète dont la vitesse demeure, elle, inchangée.

Sommes-nous en accord, en osmose, en harmonie, avec notre Planète sur ce point ? Je ne sais quoi répondre. Le fait de vouloir toujours plus nous oblige à inventer de nouveaux modes de transports. Les conquêtes, également, nous obligent à inventer de nouveaux modes de mobilité.

Je ne veux pas revenir sur les concepts inventés grâce, ou à cause des conflits nationaux, mais si nous prenons le temps (tiens, le temps…) d’écouter (tiens, l’écoute…), nous allons être surpris, agréablement ou désagréablement, de la source de nos progrès.

Ayant rendu la Planète accessible à tout le monde par le biais de moyens de transports rapides et, de plus en plus, low-cost, nous modifions les masses sociétales et sociales tandis que nous portons également atteinte à leur équilibre, sur une Planète qui, je pense, n’est pas encore prête à être bousculée sans arrêt.

Ne devrions-nous pas, alors que nous sommes dans une période de notre Histoire marquée par une bascule, par une mutation totale, nous arrêter quelque temps, histoire de laisser respirer la seule source de vie que nous avons : notre Planète.

L’évolution de l’ “habité” est-elle concomitante à l’évolution de la mobilité, ou la mobilité a-t-elle modifié nos “habités” ? Je pense que la mobilité modifie la façon, l’usage, les temporalités, les fonctions et la pratique d’habiter, donc de vivre, donc d’être.

La course à la rapidité dans tout nous a imposé de nous servir d’énergie fossiles à outrance afin que chacun puisse jouir de sa soi-disant liberté. La voiture pour tous qui a engendré la maison individuelle, nous a conduit à concevoir et réfléchir des villes pour les voitures. De même, nous avons pensé et construit des gares pour les trains et des aéroports pour les avions. Nous avons totalement oublié et omis l’Homme ; nous avons construit pour les machines. Contrairement à ce que doit être une ville, à savoir hospitalière pour l’Homme, nous les avons conçues pour les machines. La machine a pris le dessus sur l’humain.

Ainsi, Brazilia, bien que conçue par un des plus éminents et respectables architectes du siècle dernier) est totalement inhumaine et inappropriée à la vie de l’Homme qui doit marcher pour son bien-être. Elle a été conçue pour des déplacements en voiture, ou en système de mobilité. In fine, l’Homme est toujours assis ! Sao Paulo ou Rio, à l’inverse, avec son urbanisme chaotique permet à l’Homme de se mouvoir par ses propres moyens.

Nous devons retrouver et redonner le sens et la place de l’Homme dans sa ville, pour qu’il puisse s’approprier les distances pour ne plus avoir à se déplacer. La suppression de ces distances pourrait provenir de notre évolution numérique puisque nous pouvons d’ores et déjà communiquer – et même travailler – depuis n’importe où sans nous déplacer, repensant ainsi la notion de trajet et par là, la nécessité même des systèmes de mobilité. Finies les migrations pendulaires en voiture.

Il serait bon de remettre des logements à prix maîtrisé dans les centres-villes afin de reconstruire du ciment social.